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SANTÉ PUBLIQUE

Déserts médicaux : des inégalités en hausse malgré les aides de la Sécu

 

Les dispositifs visant à inciter les praticiens à s'installer dans les territoires en souffrance ne sont pas suffisants, d'après un bilan interne de l'Assurance maladie portant sur la période 2016-2019. 

 

 

Les inégalités d'accès aux médecins généralistes se sont accrues ces dernières années, malgré les aides versées pour inciter les praticiens à s'installer dans les déserts médicaux, selon un bilan établi début juillet par l'Assurance maladie et consulté hier par l'AFP.

La politique de la carotte n'a pas porté ses fruits. Négociés en 2016 avec les syndicats de médecins libéraux, quatre types de « contrats démographiques »  étaient censés enrayer la progression des déserts médicaux. Mais fin 2021, seuls 4 685 étaient « en cours » , selon le bilan présenté le 8 juillet dans une commission interne de l'Assurance maladie.

Moins de cinq mille en cinq ans, dont une grosse moitié (2 396) de contrat de « coordination »  pour des praticiens déjà en place. L'aide à l'installation proprement dite (jusqu'à 50 000 euros) a été accordée à 2.085 médecins, essentiellement généralistes, soit un peu plus de 400 par an.

L'ensemble de ces dispositifs affiche un coût croissant: plus de 94 millions d'euros sur la période 2017-2020, dont près de 32 millions rien qu'en 2020.

Un coût mis en regard d'une « efficacité »  peu évidente, puisque « l'inégalité d'accès »  aux médecins généralistes « s'est accentuée » entre fin 2016 et fin 2019, selon l'Assurance maladie, qui note à l'inverse une « réduction des disparités »  pour les infirmières et les sages-femmes libérales.

Deux professions qui, contrairement aux médecins, profitent d'effectifs en hausse continue mais ont aussi accepté une « régulation »  des installations: une arrivée pour un départ dans les zones « sur-dotées » .

« En finir avec la liberté d'installation des médecins libéraux » 

Ce contraste donne des arguments aux partisans de la politique du bâton. Ainsi l'Unsa juge dans un communiqué que le « résultat extrêmement décevant »  des incitations démontrent qu'elles « ne fonctionnent pas »  et qu'il « faut donc en finir avec la liberté d'installation des médecins libéraux » .

L’Assurance maladie reconnaît pour sa part, dans un rapport publié début juillet, que ses « contrats démographiques »  n'ont « pas suffi à gommer les déséquilibres de répartition territoriale qui perdurent »  et propose de les « fusionner en un contrat unique »  pour simplifier le dispositif.

Le sujet reviendra vite sur la table de la « grande conférence »  sur l'accès aux soins promise par Emmanuel Macron, d'autant plus que l'exécutif devra définir sa feuille de route avant la négociation d'une nouvelle convention médicale à partir de l'automne.

La position des maires 

Le 22 juin dernier, l'AMF lors d’une conférence de presse, a relayé les inquiétudes des maires réunis en commission Santé le jour même. Sur le sujet des déserts médicaux et des fermetures de services hospitaliers, les maires demandent une « réflexion plus large »   avec « l’ensemble des acteurs afin de rétablir la permanence des soins en ville »  , « en particulier pour les soins non programmés ». « La solution, plutôt que de courir après des médecins ou déshabiller Pierre pour habiller Paul, c’est de se demander comment on fait pour que les médecins se concentrent sur les tâches médicales » , a déclaré Frédéric Chéreau, maire de Douai et co-président de la commission santé de l’AMF. L'un des premiers enjeux est donc de « décharger les médecins de certaines tâches administratives pour dégager du temps médical ». 

Les maires n'ont toujours pas d'avis tranché sur l'obligation d'installation de médecins dans des zones qui en manquent. Frédéric Chéreau remarque toutefois que « les lignes bougent »   – mais qu'il n'existe pas de solution miracle. C'est aussi ce qui rend les maires prudents quant à la téléconsultation, qui ne saurait non plus être « la panacée » .

(Source: Article AFP pour Maire-Info 19/07/2022)

 

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